D'abord refoulés aux Deux Savoies, petit restaurant sympathique que j'avais déjà testé par le passé, mais dont la patronne était ce jour-là manifestement débordée malgré les tables encore libres, c'est à Megève, le Deauville des Alpes, que nous avons décidé d'aller manger, par un pluvieux midi du 13 août.
Magnifique centre-ville, avec ses calèches et sa rue piétonne, mais restaurants traditionnels étonnament absents... crêperies et brasseries à gogo, mais rien, non rien, aucun restaurant n'arborait une carte digne de la Savoie. Difficile de trouver une tartiflette ou une raclette par ce temps-là. C'est après une petite dizaine de minutes que nous avons décidé d'entrer dans le restaurant, Le Vieux Megève.
La devanture laissait apparaître des affiches en carton plastifiées, présentant les plats proposés et leurs prix... ça rappelle le marché, mais pourquoi pas... l'heure avancée nous a conduit à entrer sans tenter notre chance ailleurs malgré des prix assez élevés... Cependant, en étant à Megève, une raclette, même à 21 euros par personne, se doit d'être copieuse...
Cadre sympathique, typique des chalets du coin, bois de bas en haut, serviettes de table rouge et blanches, cheminée au fond, vraiment bien. Le service fut rapide, à peine le temps de prendre la commande de nos deux raclettes et une salade (gentillement proposée par notre serveuse) que déjà l'assiette de charcuterie arrivait. L'assiette ? Première surprise, l'assiette de charcuterie semblait avoir été préparée pour une seule personne... après 3 minutes, le doute n'est plus permis : 6 tranches de saucisson, 2 de jambon et 4 de viandes grisons, quatre cornichons, pour deux, voilà tout. Moi qui avait l'habitude des repas gargantuesques au ski à quelques kilomètres de là, j'étais étonné. Les 8 pommes de terre sont ensuite arrivées... puis la salade, 3 feuilles arrosées d'un peu de vinaigrette (nous apprendrons lors de l'addition qu'elle coûtait 4.50 euros).
Enfin, l'appareil à raclette branché, arriva la tranche de tomme... 200 grammes par personne un point c'est tout. Là encore, j'étais étonné, habituellement le fromage à raclette arrive par quart ou demi-tomme. Là, un pauvre morceau tronaît entre les deux plaques chauffantes, si petit qu'il fût terminé en l'espace d'un petit quart d'heure. Je ne parle pas d'un des serveurs, plus entraîné à ronchonner dans sa barbe quant on lui demande un service, qu'à servir le pain quand on le lui demande.
Bref, une raclette, été comme hiver, se doit d'être copieuse au point de couper l'envie de manger en sortant de table. Cette raclette-là fut le modèle de l'anti-raclette... Vous l'aurez-compris, c'est avec l'impression d'avoir joué aux touristes qui se sont fait avoir, que nous avons quitté ce restaurant, avec en tête l'idée de vouloir nous rattraper le lendemain à Annecy.